Codecs et autres formes alitées

H.264 soleil !

Aïe ! C'est là qu'en général on se dit qu'on aurait mieux fait de se taire, maintenant, il va falloir assumer. Je n'aurais jamais dû dire que la technique avait besoin d'être un peu rationalisée et en même temps, une petite mise au point ne fera absolument pas de mal. En effet, il n'est pas rare de croiser en kabaret des kinoïtes affolés, perdus entre le temps qui court et le logiciel qui rame. Il y en a même une que je connais, qui aime beaucoup les ordinateurs, ces derniers ne lui rendant pas, qui voit à chaque nouvelle réunion Kino l'occasion d'ajouter de nouvelles espèces à son langage déjà bien fleuri.

Table des matières :

- Tournage
- Acquisition/montage
- Export (général)
- Export de fin de kabaret
- Diffusions mensuelles

- Spécifications techniques (pour diffusion à Agend'Art)
- Détail des codecs



 

Je commence logiquement par le

Tournage

Avant de venir sur un kabaret, pour ceux qui sont équipés d'avance, bien sûr, il est bon de lire au moins la notice - oui je sais, c'est terriblement has been, le papier, tout ça, en plus, ça coupe... - afin de connaître les différentes possibilités offertes par votre matériel. Ainsi il sera plus aisé de s'adapter à une situation se présentant sous un jour moins favorable que prévu, du genre : "Ah mais non, moi sur mon ordi, je ne peux faire l'acquisition qu'avec des disquettes 5 pouces !".

Acquisition / montage

Si vous tournez avec des caméras HD récentes ou des appareils photos, deux choix s'offrent à vous : utiliser un codec intermédiaire (transcoder pour le montage dès l'acquisition, en PRORES, DnxHD, Mpeg Iframe, DVCPRO HD...) pour monter vite sur une majorité de machines, ou bien monter les rushs dans leur format natif.

La première solution prend du temps à l'acquisition, ce qui peut être un peu stressant, mais la deuxième peut rendre carrément dingo si l'on n'a pas une machine de guerre, si l'on a besoin de mettre des effets en-veux-tu-en-voilà... ou tout simplement si les ordinateurs ne nous rendent pas tout l'amour qu'on leur porte !

Si cela fait partie du champ des possibles, afin d'accélérer à peu-près tous les processus en soulageant le matériel, il est bon de travailler sur plusieurs disques durs physiques (les différentes partitions d'un même disque ne comptent pas) :
- un pour les sources (après import = les fichiers vraiment pointés par la timeline)
- un pour les rendus / fichiers temporaires (effets, étalonnage, encodage 2 passes...)
- un pour l'export.

Si cela vous paraît nouveau, essayez au moins une fois, tranquillement, chez vous ; vous risquez d'être surpris !

Avant de se coltiner l'export, il est de bon ton, afin de faciliter un tas de choses par la suite - dont la diffusion à Agend'Art... - de compléter la séquence par des noirs techniques d'une ou 2 secondes, au début et à la fin de votre montage final. Pour tous ceux qui ne prennent pas d'habitude le temps de faire ceci, sachez que cela peut aussi vous aider à vérifier des sous-titres sous VLC, à lire correctement la séquence entière dans tous les logiciels, sans perdre les subtilités des début et fin... bref ! Faut le faire quoi !

Export (général)

Lorsque vous en arrivez là, faites en sorte qu'il ne vous reste pas qu'une pauvre demie-heure avant la fatidique diffusion. En effet quelle que soit la machine, un mauvais choix au moment de l'acquisition peut vous obliger à un export de 2 heures, pour 5 minutes de film... rude un dimanche soir ! Il n'y a pas de recette miracle qui plus est : il faut connaître son matériel, son flux de travail et garder à tout prix les habitudes qui ont l'air bonnes.

Un export peut aller du temps réel à l'infiniment long. Il peut être une bonne idée d'exporter exactement au format de montage (de la timeline/séquence) afin d'éviter des calculs inutiles lors de changements de codecs, définition ou taux de transferts (on ne touche pas à la cadence, évidemment !). Media Composer et Première proposent cette option.

D'expérience, à machine égale, les exports les plus rapides se font sur Avid Media Composer (fonction "export same as source" pour un montage de codec natif) et Editshare Lightworks (qui fait très bien les rendus en temps réel, y-compris à l'export, à l'instar d'Avid d'ailleurs). Final Cut X et Adobe Première CS5, les petits derniers, gèrent très bien les flux natifs AVCHD au montage, pour peu que l'ordinateur ne soit pas un dinosaure, mais pour l'export, cela n'a pas l'air d'être la panacée. Final Cut Pro 7 doit quant à lui être le plus lent à l'export, pour les expériences que j'en ai eues.

Si on a le temps, on fait comme indiqué ci-dessous :

Export de fin de Kabaret

Le premier export, sur le lieu du kabaret, se fait plutôt "comme on peut", ce qui implique le choix nécessaire de l'ordinateur le plus puissant de la troupe pour la soirée de clôture. En revanche, vous aurez sûrement l'occasion de faire un export optimal pour notre diffusion à Agend'art.

Cela dit, lorsqu'on n'a pas trop le temps, un export image en H.264, 720-25p, 12Mbps CBR en 1 passe n'est généralement pas trop long et produit une image tout à fait correcte, pour pas trop lourd. Au pire, le DV est une valeur sûre, qui encode vite et bien, en secours de dernière minute.

Diffusions mensuelles

Les diffusions mensuelles font le compromis de

- la puissance de calcul nécessaire à l'ordinateur de diffusion, qui n'est pas toujours une machine de guerre,
- la définition et
- la taille/taux de transfert du fichier
à envoyer le cas échéant par serveur, puis lire sans accros à partir d'un disque externe USB2.

Les fichiers sont lus via une playlist VLC afin de rendre les enchaînements les plus fluides possibles. À priori, tout ce qui est lu par VLC est bon à diffuser, bien que l'on ait parfois des surprises (ex : certains codecs DVCPRO sortis de Final Cut/Quicktime saccadent horriblement).

Spécifications techniques

Film en HD (généralement 16/9)

- Image : codec H.264 @ 6 à 12 Mbps de moyenne selon les besoins de qualité, 1280*720 PROGRESSIF, 25 fps (sauf besoin spécial), encodage en 2 passes
- Son : PCM @ 1532 kbps, ou AAC @ 160 kbps à 320 kbps, 16 bits / 48 kHz
- Capsule : MOV ou MP4

Film en SD PAL 16/9

- Image : codec H.264 @ 4 à 8 Mbps de moyenne selon les besoins de qualité, 1024*576 PROGRESSIF, 25 fps (sauf besoin spécial), encodage en 2 passes
- Son : PCM @ 1532 kbps, ou AAC @ 160 kbps à 320 kbps, 16 bits / 48 kHz
- Capsule : MOV ou MP4

Film en SD PAL 4/3

- Image : codec H.264 @ 4 à 8 Mbps de moyenne selon les besoins de qualité, 768*576 PROGRESSIF, 25 fps (sauf besoin spécial), encodage en 2 passes
- Son : PCM @ 1532 kbps, ou AAC @ 160 kbps à 320 kbps, 16 bits / 48 kHz
- Capsule : MOV ou MP4


En détail

Sur un kabaret, on trouve généralement 3 type de matériels, enregistrant sur :
- cassette DV (ou HDV, c'est potentiellement la même bande)
- disque dur
- carte mémoire flash (Secure Digital, Compact Flash, Memory Stick, P2)

Jusque là, tout va bien. Compliquons un peu les choses, parlons

Détails des codecs

Sur cassette, deux possibilités :

DV (Digital Video)

- Image (PAL) : codec DV @ 28 Mbps, sous-échantillonage 4:2:0, définition 720*576i (entrelacé trame inférieure d'abord (BFF)), anamorphique 4/3 ou 16/9, 25 fps
- Son : PCM (waveform), 16 bits / 48 kHz
- Capsule : AVI, MOV, DV, MXF

HDV (High Definition Video)

- Image (PAL) : codec HDV (MPEG2 long GOP @ 19 à 25 Mbps), sous-échantillonage 4:2:0, définition 1440*1080i (entrelacé trame supérieure d'abord (TFF)), anamorphique 16/9, 25 fps OU 1280*720p pixels carrés (16/9), 50 fps
- Son : PCM (waveform) OU mp2a @ 384 kbps, 16 bits / 48 kHz
- Capsule : TS, MPG, MOV

Sur carte ou disque dur, c'est déjà plus le bordel : on peut trouver à peu-près tout et n'importe-quoi, donc ici je simplifierai.

H.264, AVCHD, MPEG4 part 10

Le "standard" (si j'ose dire) le plus bordélique, méfiez-vous camarades !

- Image (PAL) : codec MPEG4 AVC (très) long GOP @ 5 à 35 Mbps, sous-échantillonage 4:2:0, 1280*720, 1440*1080, 1920*1080 i ou p, anamorphique ou pixels carrés 16/9, 25 ou 50 fps
- Son : PCM (waveform) OU AC-3 (A52) @ 384 kbps, 16 bits / 48 kHz
- Capsule : TS, MTS, M2TS, MPG, MOV... (franchement, dans cette catégorie, on trouve plein de capsules bizarres que je ne cite pas ici, ne prenez donc pas peur si vous croisez des .machintruc)

MPEG2 long GOP : HDV, XDCAM EX, XDCAM HD

- Image (PAL) : codec MPEG2 long GOP @ 19 à 50 Mbps, sous-échantillonage 4:2:0 à 4:2:2, 1280*720, 1440*1080, 1920*1080 i ou p, anamorphique ou pixels carrés 16/9, 25 ou 50 fps
- Son : PCM (waveform) OU mp2a @ 384 kbps, 16 bits / 48 kHz
- Capsule : TS, MPG, MOV, MXF... (idem, ne prenez pas peur si vous croisez des .machintruc)

DVCPRO HD

- Image (PAL) : codec DVCPRO @ 100 Mbps, sous-échantillonage 4:2:2, 960*720 ou 1440*1080 i ou p, anamorphique 16/9, 25 ou 50 fps
- Son : PCM (waveform), 16 bits / 48 kHz
- Capsule : AVI, MOV, MXF

Et voilà !

j'ai envie de dire "OUF", bonne chance à tous les kinoïtes. Votre dévoué référent technique,

Jérôme

2011. Kino LugdunUm
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